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économie

Poisson-scie stylisé : L’histoire méconnue de l’emblème du franc Cfa

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Il est estampillé sur toutes les pièces de monnaie et les billets de banque que nous manipulons au quotidien. Mais, le poisson-scie stylisé, symbole phare du franc Cfa, est très méconnu des populations.

Sous un soleil luisant de toute son ardeur, Astou pose la pièce de monnaie sur la paume de sa main gauche. Intriguée, elle la regarde si attentivement qu’on aurait cru qu’elle la voyait pour la première fois. Elle semble prise au dépourvu par notre question.

« Pouvez-vous nous dire ce qu’est ce symbole qui sépare les chiffres 2 et 5 de la pièce de 25 francs Cfa », lui répète-t-on. La jeune dame, le regard fixe sur la pièce, fouille dans sa tête. Elle réfléchit. Marmonne quelques mots, puis, au bout de quelques minutes, elle jette l’éponge : « franchement non » ! A-t-elle une fois cherché à comprendre ce symbole prépondérant dans nos transactions financières quotidiennes ? « Non », répond-elle encore.

Symbole méconnu

Comme Astou, nombreux sont les Sénégalais qui, lors de leurs opérations financières, utilisent les billets ou pièces de monnaie du Franc Cfa, alors qu’ils ignorent l’histoire du symbole de poisson-scie stylisé qui les orne tous.

Reconnu par son rostre denté, le poisson-scie, aussi appelé pristiformes, est une espèce halieutique qui avait vécu dans le golfe de Guinée. Il appartient à la famille des raies et était très prisé par les populations.

Des Akans aux billets

« Ce poisson a été stylisé par les Akans au 13ème siècle. Ils lui ont donné le poids qui tourne autour de 3.29 grammes pour peser la poudre d’or. Donc il fait partie d’un système pondéral. Un système de poids akan pour peser l’or », explique Chaibou Neino, Conservateur du musée de la monnaie de la Bceao.

Puis, le franc Cfa naît en décembre 1945, jour où la France ratifie les accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire international. Il signifiait alors « franc des colonies françaises d’Afrique », avant de prendre la dénomination « franc de la communauté financière africaine » dans l’espace UMOA.

Chemin faisant, le symbole sera imprimé, pour la première fois, dans la littérature bancaire en 1957. A partir de 1976, il sera posé sur les billets de 500, les billets de 5000 et 10 000 (types 1991-1995). De nos jours, il est impossible de voir un seul billet de banque de la zone franc Cfa, ou une pièce de monnaie, qui ne porte pas cet insigne de poisson scie.

Espèce menacée d’extinction

Mais aujourd’hui, ce poisson, symbole phare du franc Cfa figure sur la liste des espèces halieutiques en voie de disparition. Son rostre denté, est devenu son principal point faible. Il s’accroche très facilement aux filets de pêche, ce qui fait de lui une proie plus que facile.

« Il est principalement menacé par les prises accidentelles, notamment dans les chaluts et les filets maillants (…) Leur survie dépend d’habitats sains et en particulier des mangroves, qui disparaissent à un rythme alarmant », a alerté l’Union internationale pour la conservation de la nature dans un de ses rapports.

Déclin d’un symbole

Autrefois répandu dans les eaux tropicales et subtropicales des océans Atlantique, Indien et Pacifique, le poisson-scie a connu un déclin spectaculaire dans le monde entier, à tel point qu’il ne subsiste plus que dans deux zones refuges où il bénéficie d’une protection stricte: la Floride et le nord de l’Australie.

Un déclin, qui semble présager de la disparition du franc Cfa qui, vivement décrié ces dernières années, vivrait ses derniers jours. Le nom de son futur remplaçant, l' »Eco », a déjà été adopté. Cependant, les pays membres de la Cedeao parviendront-ils, en 2020, à tourner la page de la monnaie qui est souvent présentée comme celle de la « servitude » ? La balle est dans le camp des chefs d’État.Tags:EmblemeFranc-CfaPoisson-scieHistoireMeconnue

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économie

Signature de convention : Plus de 23 milliards pour réhabiliter la route Ouarack- Dahra

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Le gouvernement du Sénégal vient de signer une convention avec la Banque ouest africaine de développement (BOAD) pour la réhabilitation de la route Ouarack-Dahra, dans la région de Louga.

Le projet est financé à hauteur de 23,2 milliards de francs Cfa. Les 94% sont financés par la BOAD, soit un montant de 22 milliards Fcfa. Le reste sera versé par l’Etat du Sénégal.
« Le projet de réhabilitation  de la route Ouarack-Dahra s’intègre parfaitement dans les priorités du PSE  visant notamment la consolidation du désenclavement interne et de l’intégration régionale et le développement d’un système intégré utilisant tous les modes de transport », a indiqué le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération lors de la cérémonie de signature. 
Amadou Hott renseigne que l’appui de la BOAD  dans le domaine des infrastructures de base s’élève à 319 milliards 900 millions de francs Cfa soit 17,25%  de ses interventions au sein de l’UEMOA.
Il explique que la réhabilitation de la route Ouarack-Dahra, longue de 62,5 kilomètres, s’inscrit dans le schéma directeur  routier et autoroutier national. Et la zone d’influence du projet  est très enclavée du fait d’une dégradation avancée.

Ainsi le ministre de l’Economie, du Plan et de la coopération  fait savoir que la réalisation dudit projet , favorisera la réduction des couts de transport, le développement des activités économiques grâce à une amélioration de la production et de la commercialisation des produits agricoles et des produits de l’élevage et enfin l’amélioration des conditions de vie des populations par la création d’emploi et une  meilleure accessibilité au centre de santé.   

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ACTUALITES

Rapport Doing business: « Je regrette qu’on ne soit pas dans le Top 100 »

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141ème mondial en 2018, le Sénégal a fait un grand bond en avant, en arrachant 18 places, se classant ainsi 123ème cette année. Le rapport « Doing Business » de la banque mondiale publié jeudi dernier note l’amélioration du climat des affaires dans 190 pays, selon dix indicateurs spécifiques, suivant le cours de vie des entreprises. L’économiste Meissa Babou commente ce rapport.

« Le Sénégal mérite des félicitations pour ce progrès par rapport à deux domaines. D’abord la dématérialisation des impôts et taxes, ensuite une dématérialisation concernant les prêts bancaires. Il ne s’agit pas de montants octroyés mais de facilitations. Sur ces deux réformes majeures, le Sénégal a pu quand même obtenir 18 places. On ne fait pas du sur-place, et il faut le saluer, » se réjouit l’économiste.

Il regrette simplement « qu’on ne soit pas encore dans le top 100. Parce que 123ème place aujourd’hui, c’est encore très loin. Encore que Top 100 sur 200, c’est tout juste la moyenne. » Il suggère alors de « s’améliorer, réformer ici et là pour être parmi les meilleurs réformateurs au monde, » soulignant cependant qu’il y a « beaucoup de lenteurs administratives. Par conséquent, le Sénégal doit faire cet effort là, pour encore gagner d’autres places et être parmi les 10 meilleurs africains comme le Togo, ou bien l’île Maurice. »

Meissa Babou explique que « ce qu’il faut retenir, c’est que le «Doing Business» est, comme le dit la banque mondiale, un cadre objectif d’évaluation de la qualité de l’environnement. Si on regarde les 10 critères- il y en a 12 mais en fait, 10 seulement sont évalués- on se rend compte que c’est des critères de forme. »

Il clarifie: « Le 1er critère par exemple, on nous dit création d’entreprise, en combien de jours… alors si c’est Fast-track, ça se fait rapidement avec notre guichet unique. Alors là, ça va vite et on gagne des points. Quel est le temps de raccordement de l’électricité si vous mettez en place une entreprise. ? Et là, le Sénégal est Champion du monde pratiquement, parce que nous sommes dans une très bonne moyenne de 75 jours. Là où tout le monde est à peut-être 85, 90 et même 100 jours. »

Ensuite: « Comment payer son impôt ? on a mis un dispositif de facilitation. Donc, voyez que il s’agit simplement de forme. »

M. Babou déplore que le « Doing Business » ne traite pas le fond: « C’est-à-dire que l’entreprise ne vit pas qu’en papiers. S’il y a un dispositif de paiement d’impôts, pourquoi se taire sur cet impôt qui peut être cher et qui tue les entreprises? C’est-à-dire qu’il y a la forme, mais il y a le fond qui n’est pas traité. »

Il se questionne: « Et créer une entreprise rapidement, raccordé l’électricité… c’est très bien. Mais après, est-ce que cette entreprise-là va supporter le coût de l’électricité ? le coût de l’eau ? de la location ? Pourquoi on n’a rien dit sur les conditions de travail ? Donc, moi, en tant qu’économiste, puisqu’il s’agit en fait d’une évaluation du business, j’aurais bien voulu quand même que s’il y a des critères de forme, qu’on mette aussi des critères de fond. »

L’économiste de trancher: « Voyez le bémol ! A mon avis, on n’est pas allé à l’essentiel. Mais puisque ce n’est pas nous qui dégageons ces critères- c’est la Banque Mondiale- nous sommes obligés, dans une mondialisation, de danser comme tout le monde. Et quand on gagne des points, qu’on applaudisse. »

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économie

Taux de remplissage de 99% d’Air Sénégal : Les chiffres tronqués de Alioune Sarr

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« Aujourd’hui Air Sénégal se remplit à 99% tous les jours. Cela montre que les clients sont satisfaits de la qualité du service et également de la grille tarifaire » a déclaré, sur le plateau de France 24, le ministre du tourisme Alioune Sarr. Les chiffres avancés par le ministre qui est allé vendre la destination Sénégal à Paris où il prend part au salon Top Resa, contrastent avec la réalité sur le terrain. 
Selon des sources contactées par Seneweb, le pavillon sénégalais est loin des 99% de taux de remplissage quotidien annoncés par la tutelle. D’après nos interlocuteurs, si Air Sénégal peut à juste titre s’enorgueillir d’un taux de remplissage de 96 à 98% sur l’axe Dakar/Paris (Dakar/Conakry et Bamako/Abidjan), 85% sur l’axe Dakar/Praia, la compagnie sénégalaise atteint difficilement la barre des 70% de taux de remplissage sur l’axe Dakar/Ziguinchor avec 2 vols par jour. 
Il en est de même sur l’axe Dakar/Banjul où le taux de remplissage avoisine les 50 à 60%. Par contre, Air Senegal est complètement à la traîne sur les axes Dakar/Bissau, Dakar/Cotonou, Dakar/Ouaga/Niamey et Dakar/Bamako/Ouaga où le taux de remplissage est des plus bas : 15 à 17%. La compagnie nationale subit les affres d’une rude concurrence d’Air Code d’Ivoire et Air Burkina sur ces lignes. D’où l’importance, selon nos sources, de jouer sur les prix pour faire pencher la balance de son côté.

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A Chaud!

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